Marie Langevin

Marie Langevin

Professeure
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Téléphone : (514) 987-3000 poste 6761
Local : DS-1865
Langues : Français, Anglais, Espagnol
Ce professeur désire s'entretenir avec les médias
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Informations générales

Cheminement académique

Doctorat, École d'études politiques, Université d'Ottawa (2015)
Maîtrise, Science politique, Université Laval (2009)
Baccalauréat intégré en économie et politique, Université Laval (2007)

Unités de recherche

Projets de recherche en cours

  • Des marchés philanthropiques? Pratiques, discours et réseaux de la Fondation MasterCard en Afrique

    Un phénomène marque l'évolution des modes d'organisation sociopolitiques contemporains: l'action de plus en plus importante des grandes fondations privées qui souhaitent contribuer à la croissance inclusive dans les pays en développement. Notre projet de recherche s'attache à l'une d'elles : la Fondation MasterCard, créée en 2006 par MasterCard International à Toronto, la plus grande fondation canadienne par son actif (plus de 10 milliards $). Sa mission est de lutter contre la pauvreté en Afrique, par le développement de l'inclusion financière. On désigne par ce terme l'intégration dans les réseaux de la finance formelle des 1 milliard 700 millions de personnes qui en sont toujours exclues, à l'échelle mondiale. Les objectifs de la Fondation semblent donc avoir un lien, par les technologies utilisées comme par la fin recherchée, avec la firme éponyme, puisque cette inclusion permet de facto l'ouverture de nouveaux marchés. Nous sommes ici à la confluence de plusieurs processus. D'une part, le développement de l'inclusion financière comme recette privilégiée par les acteurs publics de l'aide au développement depuis plusieurs décennies. Le microcrédit en est une composante, mais bien d'autres dispositifs existent. D'autre part, l'avènement du philanthrocapitalisme comme tendance dominante du secteur philanthropique. Ceci désigne l'utilisation croissante par les grandes fondations de discours, de visions et d'instruments propres aux secteurs marchand et financier, pour résoudre des problèmes sociaux et environnementaux. Enfin, la recomposition de l'action publique, notamment dans le domaine du développement en Afrique, à travers des nébuleuses hybrides où s'articulent des programmes publics, des ressources privées, des élites locales et des réseaux transnationaux. Notre projet de recherche s'inscrit donc à l'intersection de ces phénomènes. Il vise à comprendre la logique d'intervention de la Fondation MasterCard par l'étude de son discours et de ses pratiques : sa façon d'agir, les programmes qu'elle met en ¿uvre, les solutions qu'elle privilégie, les organismes et acteurs qu'elle finance, les réseaux qu'elle bâtie, les résultats qu'elle convoite, mais aussi la conception de son propre rôle, ceux qu'elle attribue à l'État, au marché et à la société civile organisée. Notre analyse se portera notamment sur le type de marchés (de la finance, de l'emploi, de l'agriculture, par ex.) auxquels la Fondation contribue et la manière dont elle y intervient, par la distribution de ses financements, de ses prix et de ses formations, par la diffusion d'une expertise thématique ou d'outils techniques, ou encore l'édification de réseaux d'acteurs et d'institutions. Le Kenya nous servira d'observatoire privilégié pour l'analyse systématique des liens tissés par ses financements : ce pays, plaque tournante du déploiement des FinTechs et des opérateurs de la finance digitale en Afrique, a été choisi par MasterCard pour implanter son « Laboratoire pour l'inclusion financière ». L'attention portée à l'édification de réseaux par la Fondation portera également sur l'évolution historique de la composition de son CA, et les liens qui s'y déploient, à travers des leaders issus de l'entrepreneuriat privé, du monde politique, de l'univers académique et des organisations internationales du développement. Au-delà d'une étude de cas sur la principale mégafondation canadienne, cette recherche contribue donc à l'approfondissement de l'analyse du lien spécifique fondation-firme, en observant les modalités d'articulation entre les deux entités.

  • Les innovations technologiques au service de l'inclusion financière: acteurs, pratiques et relations

    Le projet se situe à la jonction de trois phénomènes marquant l'évolution des sociétés et des économies: la financiarisation, la finance marginale et l'inclusion financière. La financiarisation est un mécanisme qui caractérise les sociétés capitalistes et qui englobe une série de transformations conduisant à renforcer l'importance de la finance dans la vie économique des personnes, des collectivités, des firmes, comme des États. La finance marginale est partie prenante de ce processus et réfère à un secteur d'activités financières et annexes destinées à fournir des produits et services financiers dans des secteurs socioéconomiques marginalisés. L'inclusion financière est un programme d'action mis en ¿uvre globalement et qui a pour mission d'inclure dans la finance formelle l'ensemble des 2 milliards et demi d'individus qui n'ont pas accès à ce qui est considéré comme un outil vital de développement, au Nord comme au Sud. Pour réaliser cette inclusion, donc pour rendre la finance formelle accessible partout sur la planète, les défis sont nombreux et complexes à surmonter. Cela requiert des solutions innovantes afin d'accélérer le rythme d'inclusion et d'atteindre les espaces les plus difficiles à desservir, tant pour des considérations géographiques (par exemple dans les régions alpines reculées), que d'infrastructures (par exemple dans les communautés sans guichets ATM). Les firmes de FinTech composent une nouvelle industrie faite de start-up innovantes utilisant la technologie pour repenser les services financiers et bancaires. Elles exploitent le potentiel du BigData, de la monnaie électronique et de l'économie comportementale pour commercialiser des applications visant à inclure davantage de personnes, plus rapidement et à moindres frais. Il est pressant d'étudier les FinTech du secteur de la finance marginale qui progressent à un rythme très rapide. Le programme d'inclusion financière est porté par de larges ambitions et il est soutenu par des acteurs de tout horizon qui plaident pour un usage encore plus actif de ces technologies financières. Si les potentiels comme les risques de ces pratiques apparaissent très sensibles au plan social et économique, l'univers des FinTech est une boîte noire et nous sommes encore loin d'une pleine compréhension du domaine. Les objectifs du projet sont de documenter les pratiques d'innovation technologique en finance marginale (microcrédit, transferts de fonds, microassurance, etc.), d'identifier les produits, les promoteurs, les incubateurs d'innovation et d'exposer les relations qui se dessinent dans cette industrie et avec les acteurs de l'inclusion financière. La collecte de données se fera sur la base d'une analyse documentaire portant sur le secteur, de l'observation lors de forums internationaux et de foires corporatives, des entrevues semi-dirigées avec des praticiens et des experts de cette industrie. La portée majeure du projet sera d'outiller la recherche en économie politique et en études du développement pour pouvoir ultimement appréhender les conséquences, positives comme négatives, des FinTech en finance marginale. Nous pourrons mieux saisir les opportunités et nous prémunir plus efficacement contre les aléas que ces outils transposent au niveau des individus ciblés par cette industrie, au niveau des trajectoires de développement des communautés et au niveau de la stabilité financière systémique.

  • Le crédit communautaire québécois et les dynamiques de développement socioéconomique

    La pratique du microcrédit au Québec, qui se développe depuis 20 ans et qui est connue sous le nom de crédit communautaire, est à une approche originale, qui s'insère dans une logique de développement local où les objectifs sociaux importent autant que les objectifs économiques. Les organismes de crédit communautaire visent à contrer l'exclusion financière et sociale essentiellement en fournissant du soutien et du financement permettant la création de microentreprises. L'objectif du projet est de produire des connaissances nouvelles sur les dynamiques de développement socioéconomiques au sein des territoires locaux pour mieux comprendre le rôle qu'y jouent les outils de finance communautaire. Il existe quelques études sur la finance solidaire et sur le crédit communautaire, mais le phénomène demeure assez peu documenté.

Enseignement
Services à la collectivité

Comité d'investissement en Économie sociale, PME Montréal Grand Sud-Ouest
Comité directeur, Projet Monument/Fiducies d'utilité sociales, Territoires innovants en économie sociale et solidaire (TIESS)

Directions de thèses et mémoires

Autres directions et supervisions
  • Brunet-Bélanger, Andréanne. (2019). Discriminations systémiques fondées sur la maternité et la non effectivité des protections juridiques : le cas des travailleuses dans les maquiladoras mexicaines. (Mémoire de maîtrise en science politique). Université du Québec à Montréal

Publications

Articles scientifiques
  • Langevin, M. (2019). Big data for (not so) small loans: technological infrastructures and the massification of fringe finance. Review of International Political Economy. http://dx.doi.org/10.1080/09692290.2019.1616597.
  • Gendron, C., Langevin, M. et Ramboarisata, L. (2018). Entreprise et gouvernance : quel projet de société ? Possibles, 42(2), 83–97. Récupéré de http://redtac.org/possibles/files/2018/12/Financiarisation-vol42-no2.pdf.
  • Langevin, M. (2017). L’agencement entre la haute finance et l’univers du développement : des conséquences multiples pour la formation des marchés (micro)financiers. Canadian Journal of Development Studies/Revue canadienne d'études du développement, 38(4), 487–506. http://dx.doi.org/10.1080/02255189.2017.1294529.
  • Langevin, M. (2016). La stratégie nationale d’inclusion financière péruvienne : capacitation des clientèles vulnérables et exclusion du développement productif. Revue Tiers Monde, (225), 101–123. http://dx.doi.org/10.3917/rtm.225.0101.
  • Langevin, M. (2013). La mise en forme de l’inclusion financière périphérique. Réactivité et créativité de la microfinance dans son rapport aux crises. Cahiers de recherche sociologique, (55), 91–115. http://dx.doi.org/10.7202/1027683ar.
Chapitres de livre
  • Tebini, H., Langevin, M. et M'ZALI, B. (2018). L'investissement socialement responsable. Dans M.-F. Turcotte (dir.). La responsabilité sociétale de l’organisation : exercices, cas et fondements (2e éd., p. 409–428). Québec : Presses de l'Université du Québec.
Actes de colloque
  • Langevin, M. (2013). L’extension financière comme champ d’action des pouvoirs publics. Le cas péruvien. Dans Actes du colloque de l’Institut des hautes études internationales, Le capitalisme d’État dans la nouvelle économie politique globale, Université Laval, 21-24 novembre.
Rapports de recherche ou techniques
Autres publications